Ces journées d'études vous sont proposées par le projet RésIn (réseau d’ingénieur·es dans la recherche). L'idée est de réunir ingénieur·es et professionnel·les d’appui à la recherche les 1er et 2 avril 2026 prochains pour :
- Aborder ensemble les possibles apports des sciences et recherches participatives et des sciences citoyennes pour nos pratiques et nos structures ;
- Interroger la place des ingénieur·es et professionnel·les d’appui à la recherche pour introduire des démarches de science ouverte et de recherches participatives ;
- Créer un espace de partage d’expériences entre pair·es de projets, protocoles et outils participatifs.
Ces journées d'études se tiendront à Paris, en présentiel uniquement :
- Le mercredi 1er avril de 8h30 à 17h30 à Sciences Po, salle Goguel, 27 rue Saint Guillaume, 75007 Paris.
- Le jeudi 2 avril de 9h00 à 12h30 à SciencesPo, salle 931, 9 rue de la Chaise, 75007 Paris.
Pour vous inscrire, merci de remplir le formulaire.
Pour découvrir le programme des journées, c'est ici.
Comité d'organisation
- Audrey Baneyx, coordinatrice du projet RésIn pour Sciences Po (médialab, Sciences Po)
- Céline Jégat, coordinatrice du projet RésIn pour UPCité (Direction de la Recherche, de l’Innovation, de la Valorisation et des Études doctorales DRIVE)
- Marine Chuberre, chargée du projet RésIn (médialab, Sciences Po)
A qui s'adresse ces journées d'études ?
Ces journées d’étude s’adressent à l’ensemble des personnels de recherche intéressés par les démarches participatives, en particuliers les ingénieur·es et professionnel·les d'appui. Elle propose une rencontre entre des personnels issus de disciplines, facultés et services variés : épidémiologie, biodiversité, agroécologie, histoire, patrimoine, sciences politiques, géographie, linguistique, archéologie, sciences de l’éducation, psychologie, psychiatrie, sociologie, météorologie, design, astronomie, etc.
Les ingénieur·es et professionnel·les d’appui à la recherche se situent bien souvent à un carrefour dans leurs laboratoires, plateformes et services. Leur rôle d’interface entre différentes sphères et espaces s’ancre dans la variété de leurs missions : façonnement des protocoles de recherche et socles méthodologiques, conception et maintenance de plateformes, d’outils et de logiciels, gestion de données, documentation et archives, pilotage de projets, programmes et plateformes de recherche, valorisation et médiation scientifique, formation, communication scientifique et institutionnelle etc.
De par ces tâches, savoir-faire et positionnements multiples, ils/elles peuvent dès lors contribuer à introduire des questionnements méthodologiques, épistémologiques et organisationnels. Ils/Elles occupent dès lors une position privilégiée pour interroger la fabrique des sciences et des savoirs, la possible coproduction de connaissances avec des individus et chercheur·euses non issu·es du monde académique, la refonte des pratiques et modes d’organisation à l’université, la circulation des savoirs académiques et expérientiels, la manière de “multiplier les opportunités de co apprentissage” et de tendre vers un “meilleur arrimage entre le processus de production et de diffusion des résultats de recherche” (Guay, 2020).
Pour aller plus loin
Ces pistes réflexives s’entrecroisent et se superposent parfois - mais pas toujours - avec un élan institutionnel de soutien aux démarches de science ouverte qui se traduit par l’allocation de financements, de ressources et de moyens pour la création de postes d’appui à la recherche. L’abondance de termes pour désigner les démarches et recherches participatives (sciences citoyennes, science ouverte, dispositifs de médiation science-société, recherche participative communautaire, enquête participative, recherche-action, recherche partenariale, etc.) révèle des visions parfois contradictoires ou simplement divergentes. Cette profusion - et la nécessité de s’inscrire dans ces cadres - a tendance à créer une certaine confusion dans les aspirations poursuivies par les projets et démarches participatives (démocratisation de la science, renforcement des institutions scientifiques face à leurs remises en question comme sources de production des savoirs, libre diffusion des résultats, mobilisation de participant·es pour collecter des données ou coconstruction des projets, etc). Ceux-ci se trouvent en effet conditionnés par les infrastructures et modes d’évaluation dans lesquels ils s’inscrivent.
L’ensemble de ces questions circulent à mesure du développement des sciences et recherches participatives :
- Pour la recherche, l’introduction d’une démarche participative peut intervenir sur différentes facettes d’un projet : identification de questions et priorités de recherche, collecte de données avec la mise en place d’outils, d’un observatoire (Jean, 2021) ou de jeux (Schoeny, 2023), analyse de données, co-construction des projets et dispositifs de recherche, contribution au financement des projets, procédure de publication d’un article, gouvernance du projet, recherche-action, valorisation et diffusion des résultats, médiation scientifique. Serait-ce ainsi une possible voie de “[sortie] de l’extractivisme scientifique” ?
- Pour les pratiques et modes d’organisation collectifs, de nombreuses pistes se dessinent : nouveaux formats de valorisation et de médiation scientifique, expériences d’unités et projets de recherche interdisciplinaires et multi-acteurs, espaces de dialogue et de co-construction (par exemple, les boutiques des sciences et des savoirs), liens avec des écosystèmes associatifs, artistiques, culturels, archivistiques et de conservation, transformations et réinventions des institutions de recherche, etc.
Plusieurs axes vont structurer le déroulement de ces deux journées d'études :
- Axe 1 - Quel est ou peut être le rôle des ingénieur·es et professionnel·les d’appui à la recherche dans les dispositifs et démarches participatifs ? Comment la place d’interface qu’ont les ingénieur·es et professionnel·les d’appui à la recherche peut rendre possible l’avènement de démarches participatives ? Quels outils, projets et protocoles de recherche participative et quels retours d’expériences de la part des ingénieur·es et professionnel·les d’appui de ces démarches de recherche participative ? Quelles conditions de réussite matérielles, organisationnelles, méthodologiques et épistémiques d’une recherche participative ? Quels apports de ces démarches pour nos structures et pratiques?
- Axe 2 - Quels apports des épistémologies et perspectives féministes et décoloniales pour se (ré)ancrer dans les traditions participatives de la recherche (Dorlin, 2008 ; Godrie et al, 2022) ?
- Axe 3 - Quelles sont les limites, les paradoxes identifiés et les obstacles à ces dispositifs et démarches participatives en termes financier, organisationnel, humain, mais aussi éthique ?Quels écueils possibles (par exemple, asymétries de pouvoir (Barnaud, 2017), délégitimation/invisibilisation des savoirs considérés comme “non experts” (Guay, 2020), homogénéité des participant·es non académiques - qui reproduirait les inégalités sociales existantes, etc) et comment y faire face ? Quelles contributions de l’ingénierie de recherche et de l’administration pour esquisser une éthique du soutien à la recherche fondée sur la mobilisation des savoirs expérientiels et d’une démarche participative ? Quels questionnements éthiques spécifiques à la mise en place de démarches participatives dans la recherche (Guay, 2020) ? Comment préserver l’autonomie de l’ensemble des participant·es/co-chercheur·euses non académiques et gérer de potentiels conflits et désaccords dans un collectif de recherche participative (Banks et al, 2013) ? Quels outils et pratiques possibles pour intégrer ces questionnements éthiques et organisationnels dans la conception et mise en œuvre des protocoles de recherche (charte, bonnes pratiques, comité d’éthique, etc.) ? Quelles associations possibles des co-chercheur·euses non académiques dans ces réflexions (Guay, 2020) ?
Pistes bibliographiques
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- Banks, Sarah, Andrea Armstrong, Kathleen Carter, Helen Graham, Peter Hayward, Alex Henry, Tessa Holland, et al. 2013. « Everyday Ethics in Community-Based Participatory Research ». Contemporary Social Science 8(3): 263‑77. doi:10.1080/21582041.2013.769618.
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- Barnaud, Cécile, Patrick d’Aquino, William’s Daré, et Raphaël Mathevet. 2017. « Dispositifs participatifs et asymétries de pouvoir : expliciter et interroger les positionnements »: Participations N° 16(3): 137‑66. doi:10.3917/parti.016.0137.
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- Blondiaux, Loïc. 2022. « Le participatif en actes : quel avenir pour l’injonction à la participation ? » Questions de communication 41: 73‑86. doi:10.4000/questionsdecommunication.28823.
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- Carrel, Marion, Cyril Fiorini, Jean-Paul Gaudillière, et Baptiste Godrie. 2025. « Éditorial: Co-produire les savoirs : une urgence scientifique et démocratique ». Mouvements n° 119(1): 7‑14. doi:10.3917/mouv.119.0007.
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- Casenave, Joana, et Aminata Kane. 2025. « Décoloniser et contextualiser les instruments de recherche en archives : représentativité, regards des communautés et notion de co-création ». Communication, technologies et développement 19. doi:10.4000/15gp4.
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- Collectif, 2025. Recherche action participative, Dés/accords entre universitaires et associatifs, CREFAD.
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- Couillard, Marc, Marie-Stéphanie Boulestier, Marie Giraud, Céline Letailleur, Marion Carrel, Baptiste Godrie, Jean Toussaint, et Bafodé Diaby. 2025. « Quand les savoirs expérientiels entrent en science »: Mouvements n° 119(1): 16‑30. doi:10.3917/mouv.119.0016.
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- Demoulin, Jeanne, Julie-Anne Boudreau, et Valérie Amiraux. 2024. « Présentation: La recherche à plusieurs voix : effets et défis de l’approche participative ». Sociologie et sociétés 54(2): 13‑20. doi:10.7202/1113059ar.
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- De Mourat, Robin, Élie Petit, Donato Ricci, Marta Severo. 2025. Trajectories of engagement. Éditions annexes / médialab. hal-05459145
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- Dorlin, Elsa. 2008. Sexe, genre et sexualités: introduction à la théorie féministe. Paris: Presses universitaires de France. https://shs.cairn.info/sexe-genre-et-sexualites--9782130558897-page-9?lang=fr
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- Gervais, Myriam, Louise Lafortune. 2024. Coconstruction en recherche partenariale: Perspectives féministes. Éditions JFD Inc. https://www.editionsjfd.com/static/uploaded/Files/9782897996932_v6_int.pdf
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- Godrie, Baptiste, Maïté Juan, et Marion Carrel. 2022. « Recherches participatives et épistémologies radicales : un état des lieux »: Participations N° 32(1): 11‑50. doi:10.3917/parti.032.0011.
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- Guay, Emanuel, et Baptiste Godrie. 2020. « Démocratiser l’éthique de la recherche participative : production de connaissances, transformation sociale et communautés de pratique ». SociologieS. doi:10.4000/sociologies.15441.
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- Guimont Marceau, Stéphane, Marie-Eve Drouin-Gagné, et Ángela López Urrego. 2024. « Des relations comme support de méthodes de recherche participatives : polylogue, cartographie et décolonisation ». Sociologie et sociétés 54(2): 101‑23. doi:10.7202/1113063ar.
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- Jean, Frédéric, Laurent Galet, et Thierry Girard. 2022. « Sciences et recherches participatives : comment les équipes techniques sont-elles concernées ? » doi:10.17180/NOVAE-2022-NS01-ART08.
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- Juan, Maïté. 2021. « Les recherches participatives à l’épreuve du politique ». Sociologie du travail 63(1). doi:10.4000/sdt.37968.
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- Schoeny, Alain. 2023. « Gamification des sciences participatives et transition numérique des espaces de montagne : le cas du Réseau gypaète Mercantour ». Revue de géographie alpine 111‑3. doi:10.4000/rga.12503.
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- Severo, Marta (2021). L’impératif participatif. : Institutions culturelles, amateurs et plateformes. Institut National de l'Audiovisuel (INA). https://doi.org/10.3917/ina.sever.2021.01.
Financement et partenariat du projet RésIn
Le projet RésIn vise à créer un réseau pluridisciplinaire de professionnel·les des méthodes et d’appui à la recherche au sein de Sciences Po et de l’Université Paris Cité. Il bénéficie du soutien apporté par l’ANR et l’État au titre du programme d’Investissements d’avenir dans le cadre de l’IdEx Université Paris Cité (ANR-18-IDEX-0001).